Souvenir d’une visite unique au Vacuum Cleaner Museum sur la Route 66

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Récit d’une visite improbable au Vacuum Cleaner Museum de Saint-James, Missouri, un musée hélas disparu aujourd’hui.

Il y a quelques années, en préparant mon itinéraire sur la Route 66, je suis tombé sur une étape qui m’a intrigué : un musée consacré aux aspirateurs. Je dois avouer que j’étais un peu sceptique au départ. C’est le genre de lieu qu’on inclut parfois par curiosité plus que par conviction, en pensant que ce sera une pause légère et amusante, parfaite pour quelques photos originales avant de continuer vers des sites plus intéressants.

Un musée sérieux qui ne se prenait pas au sérieux

Le Vacuum Cleaner Museum se trouvait dans un bâtiment spacieux à Saint-James, juste à côté de l’usine Tacony, une référence dans la fabrication d’aspirateurs. Le musée comptait une vingtaine de pièces d’exposition, soigneusement organisées pour offrir un parcours chronologique et thématique (années 50, 60, disco etc.).

Mine de rien, près de 800 aspirateurs étaient présentés, couvrant plusieurs époques, du XIXe siècle jusqu’à la fin du XXe. Chaque salle avait sa personnalité et son ambiance, entre décor rétro et objets publicitaires qui rendaient la visite aussi riche qu’amusante.

Ce musée existait grâce à un seul homme, Tom Gasko, passionné d’aspirateurs depuis son enfance. Dès l’âge de 6 ans, il démontait, réparait et collectionnait ces machines avec un soin et un intérêt rares.

Après avoir travaillé dans la réparation et la vente d’aspirateurs, il a pu concrétiser son rêve en créant ce musée unique au début des années 2000.

Un accueil déjanté et une visite qui aspire… la curiosité !

Comme souvent, les meilleures surprises se cachent dans les endroits les plus inattendus. Dès l’entrée, l’ami avec qui je faisais ce voyage et moi, avons croisé Tom, véritable encyclopédie vivante de l’aspirateur, aussi passionné que sympathique. Difficile de ne pas se laisser embarquer par son enthousiasme communicatif et son humour : chez lui, l’aspirateur devenait presque un héros national.

Pièce après pièce, faisant défiler les différentes décennies, j’ai été bluffé : le musée ne se contentait pas d’accumuler des objets farfelus, il racontait vraiment l’histoire de l’innovation domestique. Tom ponctuait la visite d’anecdotes : l’aspirateur utilisé dans Air Force One, les modèles “silencieux” qui mettaient la maison sens dessus dessous…

On sentait que la collection avait été pensée avec autant de cœur que de dérision. Impossible de ne pas sourire devant un aspirateur-chaussure ou devant la fameuse publicité qui promettait de pouvoir « avaler une boule de bowling”.

Du kitsch, mais du solide !

Ce musée, c’était bien plus que du second degré : on sentait le travail de toute une vie d’un passionné, une curiosité sincère pour l’innovation et l’histoire du quotidien, traitée avec autant de dérision que de pédagogie (et ce n’est pas si facile à faire). Même la boutique, avec ses t-shirts et porte-clés dédiés aux “fans d’aspirateur”, poussait l’auto-dérision à fond !

En quittant le Vacuum Cleaner Museum, j’étais ravi d’avoir laissé une chance à cet arrêt improbable. Ce n’était pas juste une pause insolite (même si, clairement, j’ai alimenté mon stock d’histoires à raconter pendant des années et acheté un T-shirt collector) : c’était aussi une vraie plongée dans la culture américaine, entre générosité, humour et passion la plus inattendue.

Comme quoi, il faut toujours garder un peu de place dans son programme pour les curiosités, surtout aux États-Unis, là où “weird” rime avec “mémorable”.

Une visite d’autant plus précieuse aujourd’hui

Et aujourd’hui, je suis encore plus heureux d’avoir osé franchir la porte de ce musée pas comme les autres car le Vacuum Cleaner Museum a malheureusement définitivement fermé ses portes en 2019.

La fermeture du musée est principalement liée à une baisse de la fréquentation. Même si parallèlement, la société Tacony, propriétaire des lieux et spécialisée dans la fabrication d’aspirateurs, avait choisi de recentrer ses efforts et ses investissements sur son cœur de métier industriel. On n’en saura pas plus.

Voilà qui rend le souvenir encore plus rare et fort ! Une étape insolite, un brin absurde mais diablement bien faite.

Bref, un incroyable petit moment d’Amérique qu’il ne faut surtout pas mettre sous le tapis 😉

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