Partir explorer les routes américaines vous fait rêver ? Avant de prendre le volant, mieux vaut tout de même connaître les petites et grandes différences qui pourraient vous dérouter lors de votre road trip aux USA. Voici mes conseils pour que la conduite outre-Atlantique rime avec plaisir, sécurité et sérénité.
Avant de partir
En arrivant aux États-Unis, la plupart des touristes peuvent rouler avec leur permis français. Cependant, il est conseillé de se munir également du permis international (voir le site officiel), qui fait office de traduction officielle et peut être exigé par certains loueurs même si les autorités américaines ne le demandent pas systématiquement (personnellement je n’ai jamais eu à l’utiliser). N’oubliez pas votre passeport, les papiers du véhicule et une carte bancaire propre à la location, puisque les cartes de débit sont parfois refusées par les loueurs (en effet, certains loueurs n’acceptent que des « vraies » cartes de crédit, que nous appelons « carte à débit différé » en France). Notez également que les conducteurs de moins de 25 ans doivent s’attendre à une surprime, très répandue chez les sociétés de location.
Sur la route
Le réseau routier américain est une expérience en soi. Les routes sont larges, aussi bien les immenses Interstates (autoroutes fédérales), les highways d’État ou celles, plus rurales, des comtés, ce qui offre un plaisir de conduite étonnant. La signalisation est très présente partout et la conduite est généralement plus facile et moins stressante qu’en Europe.


Le plaisir de l’automatique
Presque tous les véhicules américains proposés à la location sont équipés de boîtes de vitesses automatiques, ce qui rend la conduite plus douce et confortable, même sur les longues distances.
Un petit entrainement de quelques minutes sur la parking du loueur avant de prendre la route vous permettra de prendre en main votre véhicule et vos rassurera pour le reste du road trip.
Conseil important : n’utilisez pas votre pied gauche pour conduire ! En cas de besoin de freinage urgent vous risquez de vouloir débrailler et piler sur la pédale de frein à la place.
Repliez votre jambe gauche vers vous ou positionnez votre pied gauche loin des pédales sur le côté gauche. Comme ça : pas de mauvais réflex 🙂
Les vitesses
Les limitations de vitesse varient selon les États et le type de route mais globalement :
- En zone urbaine ou résidentielle, la limite se situe généralement entre 25 et 35 mph (soit 40 à 56 km/h), avec 25 mph le plus courant dans les quartiers résidentiels.
- Sur les routes principales à l’intérieur ou aux abords des villes, on retrouve fréquemment des limitations à 35 ou 45 mph (56 à 72 km/h).
- Sur routes à deux voies en zones rurales ou routes secondaires, on se situe souvent entre 45 et 65 mph (72 à 105 km/h).
- Sur autoroute et Interstate, les limitations varient le plus franchement : la majorité des États affichent une limite entre 65 et 75 mph (105 à 120 km/h), mais certains segments (notamment au Texas, dans l’Utah, le Montana ou le Dakota du Sud) montent à 80 mph (129 km/h), voire 85 mph (137 km/h) dans de très rares cas, sur quelques portions texanes spécifiques
Attention, les contrôles de vitesse sont fréquents, les amendes élevées et le paiement immédiat peut être demandé, surtout si vous recevez un PV de la police locale.
Les feux

Un aspect souvent déstabilisant pour les voyageurs en voiture aux États-Unis concerne la gestion et la position des feux de circulation. Contrairement à la France où le feu tricolore se trouve juste à hauteur de la ligne d’arrêt, aux États-Unis, le feu est généralement placé de l’autre côté de l’intersection, suspendu sur un câble ou fixé sur un grand mât. Cette particularité demande un temps d’adaptation : il ne faut donc jamais s’arrêter “au pied du feu”, mais bien avant la ligne blanche ou l’inscription “stop” sur la chaussée. Passer la ligne d’arrêt signifie que vous empiétez dans le carrefour, ce qui peut être très dangereux et vous expose à une amende.
Le fonctionnement des feux peut vous réserver également quelques surprises : par exemple, il est courant que chaque voie ait ses propres signaux lumineux, avec parfois des flèches indiquant si vous pouvez tourner à gauche ou à droite sur la voie sur laquelle vous vous trouvez. Comme en France, certains feux sont munis de phases de “protected turn”, c’est-à-dire qu’une flèche verte vous autorise à tourner sans priorité à accorder aux véhicules d’en face ou aux piétons mais lorsque la flèche est jaune ou rouge vous devrez céder le passage ou attendre votre tour.
Autre règle très étrange pour les Européens (mais sacrément efficace au final) : tourner à droite au feu rouge est autorisé partout, sauf indication contraire (“No turn on red”). Avant de tourner, vous devez impérativement marquer un arrêt complet, vérifier que la voie est libre et seulement ensuite engager la manœuvre. Cette règle permet de fluidifier la circulation et demande un petit temps d’adaptation. Mais elle vous manquera quand vous reviendrez sur les route françaises !
STOP !
Aux États-Unis, la priorité à droite n’existe pas ! Quand vous arrivez à un stop, c’est le premier qui s’est arrêté qui passe ou à défaut, celui à droite si plusieurs véhicules s’arrêtent parfaitement simultanément (ce fonctionnement est nommé « all-way stop »). Prenez donc l’habitude de bien observer et n’hésitez pas à marquer l’arrêt complet, même si la circulation est fluide.
Attention également aux arrêts devant les bus scolaires : aux États-Unis, il est strictement interdit de doubler ou de croiser un bus scolaire à l’arrêt lorsque ses feux rouges clignotent et son panneau STOP est sorti ! Même si vous circulez en sens inverse sur une route à double sens. Soyez très attentif à cette règle : les autorités ne plaisantent pas et les amendes peuvent être très lourdes.
Les stationnements sont aussi assez réglementés : il ne faut jamais vous garer devant une bouche d’incendie ou sur un emplacement interdit, le risque de fourrière étant réel.
Enfin, en cas de contrôle par la police, adoptez le plus grand calme. Garez-vous immédiatement sur le bas-côté, coupez le moteur, baissez votre vitre et gardez les mains bien visibles sur le volant : il ne faut jamais sortir du véhicule sans y être invité ! Présentez papiers et permis sur demande, répondez poliment et attendez que le policier vous explique la suite.



Les péages et les voie réservées
Il faut savoir que de nombreuses routes, autoroutes et ponts américains sont gratuits, mais certains axes très fréquentés sont soumis à péage : ce sont les fameuses “toll roads”.
Les modalités de paiement changent d’une portion à une autre : certaines n’acceptent que l’appoint en espèces ou des cartes bancaires, mais la tendance est à la généralisation des badges électroniques, comme l’E-ZPass, le SunPass ou le FasTrak selon la région.
Pour simplifier votre voyage, étudiez bien votre itinéraire avant de partir et si vous prévoyez de circuler sur des routes à péage, je vous conseille, lors de la location du véhicule, de demander un badge compatible (forfait « Toll Roads »). Cela cous permettra de passer les péages sans vous arrêter, voire de recevoir une majoration “administrative” parfois facturée par les loueurs si vous passez sans ticket.
Autre spécificité du réseau américain : les voies réservées, appelées “Carpool Lanes” ou “HOV lanes” (High Occupancy Vehicle). Très répandues à l’entrée des grandes villes (Los Angeles, New York, Miami, Houston…), elles sont dédiées aux véhicules transportant au moins deux, parfois trois personnes (pour encourager le covoiturage et fluidifier le trafic aux heures de pointe). Le non-respect de cette règle vous expose à une lourde amende. Ces voies sont clairement signalées par un losange blanc au sol ou sur les panneaux.
Faire le plein
Aux États-Unis, l’essence se vend par gallon, une unité de mesure équivalente à environ 3,78 litres, ce qui peut dérouter les conducteurs européens habitués au litre.
Le carburant le plus courant, équivalent au sans-plomb, est généralement indiqué sous le nom de “Regular unleaded« . Le carburant est la plupart du temps proposé en libre-service.
Le paiement à la pompe se fait le plus souvent par carte bancaire (parfois même sans contact), ce qui est rapide et pratique. Certaines stations demandent toutefois de prépayer à l’intérieur du magasin, soit en espèces, soit par carte.
Il peut arriver que la borne de paiement par carte demande un code postal (ZIP code) américain pour valider la transaction. Si vous n’en avez pas, la meilleure solution est d’entrer dans la boutique et de payer directement à la caisse, ce qui évite tout blocage lors de la transaction.

Enfin, il est courant dans certaines stations-service, surtout les plus petites ou situées dans des zones rurales, de devoir payer votre carburant avant de faire le plein lorsque vous payez en liquide. Ce principe de pré-paiement consiste à vous présenter à la caisse, indiquer le montant que vous souhaitez mettre en essence, et régler cette somme avant de retourner à votre véhicule pour faire le plein. Le caissier va alors programmer votre pompe pour cette somme maximum. Si vous ne remplissez pas tout ce montant, vous pouvez retourner immédiatement à la caisse pour obtenir un remboursement de la différence en liquide. Ce fonctionnement vise à limiter les risques de vol et à sécuriser les transactions pour les stations. Il est donc important d’avoir une idée approximative de la quantité de carburant nécessaire avant de passer à la caisse, afin d’éviter des allers-retours inutiles.
Get your kicks on Route 66 !
Voilà maintenant vous êtes prêts à découvrir les plus belles routes des USA au volant de votre voiture de location ! N’hésitez pas à ajouter des questions en commentaire, je tenterai d’y répondre et je les ajouterai à la FAQ ci-dessous.
Foire Aux Questions
Non, ce n’est pas une obligation stricte : le permis français suffit pour un séjour court, mais il est vivement conseillé pour éviter les mauvaises surprises avec certains loueurs ou en cas de contrôle.
Oui, sauf indication explicite “No turn on red” à l’intersection concernée, auquel cas il faut attendre le vert.
Non, la règle américaine privilégie le premier arrivé au stop, ou un système d’alternance très courtois entre usagers.
Globalement oui : la conduite est plutôt “cool” et respectueuse du code de la route, avec une grande tolérance pour les touristes.
Oui, dans la mesure du possible : préférez récupérer votre véhicule aux abords des grandes métropoles (aéroport par exemple), car la circulation et surtout le coût du stationnement en centre-ville peuvent vite s’avérer décourageants
Allumez vos feux de détresse, restez en sécurité, et contactez votre loueur et, si besoin, la police (911). La plupart des loueurs proposent une assistance incluse dans le contrat.
Non, certaines régions rurales ou parcs nationaux n’ont pas de couverture réseau. Prévoyez de télécharger vos cartes en mode hors-ligne sur votre application GPS favorite.
Soyez très prudent : il est totalement interdit de s’engager si les barrières sont baissées ou les feux clignotent. Les contrôles et amendes sont sévères en cas d’infraction.
Oui, la loi exige l’utilisation de sièges auto ou rehausseurs adaptés à l’âge, au poids et à la taille du jeune passager. Les règles précises varient selon les États, il est donc recommandé de s’en informer avant le départ.


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